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26 mars 2017
Sainte Larissa
(IVème siècle)

 

 

 

Consolata Betrone

C’est le Pape Urbain VIII qui a concédé en 1624 le bref de fondation pour le monastère de Clarisses Capucines qui devait surgir à Turin. Le 24 octobre 1627 les quinze premières postulantes prenaient l’habit religieux dans la Cathédrale de Turin, et se dirigeaient ensuite au nouveau monastère situé hors des murs, à Borgo Pô. La fondatrice était une fille du marquis de Ceva, Diana, demoiselle d’honneur de l’épouse du duc de Savoie Charles Emmanuel I.
Les tribulations commencèrent bientôt avec différents exodes, tout d’abord à l’époque de l’occupation française en 1802, puis à cause des lois Siccardi en 1854: durant cette dernière période les moniales durent se réfugier à Carignano (Turin), et en 1869 elles retournèrent à Turin Borgo Pô dans leur première maison, où elles sont encore maintenant.
Pierina
Le 31 mai 1938, neuf de ces Sœurs se sont transférées à Moriondo Moncalieri (Turin), pour commencer une nouvelle fondation. L’année suivante sœur Maria Consolata Betrone rejoignit le groupe originel, et par sa volonté le monastère fut dédié au Sacré Cœur.

Pierina

Fille de Pietro Betrone et de Giuseppina Nirino, propriétaires d’une boulangerie à Saluzzo (CN) puis gérants d’un restaurant à Airasca (TO), Pierina est la deuxième de six filles nées des deuxièmes noces de leur père. Elle a 13 ans quand le regard aimant du Seigneur se pose sur elle.
Un jour en effet la jeune fille se hâte à faire des courses dans le village. Soudain lui jaillit du cœur une intense prière insolite : "Mon Dieu, je t’aime!". Cette émotion spirituelle très spéciale la surprend: pour elle c'est la rencontre avec le Seigneur. Dans ses notes autobiographiques, plusieurs années après, elle décrira cette expérience avec la simplicité et la fraîcheur du moment, fixé pour toujours dans son cœur.
Le 8 décembre 1916, Fête de l’Immaculée Conception, Pierina se consacre à la Vierge. Pendant qu’elle reçoit la Sainte Communion, l’appel divin se fait plus explicite, car elle entend distinctement en elle-même les paroles : " Veux-tu être totalement mienne ? ". Profondément touchée par la grâce, elle pleure et "en pleurant, même sans comprendre l’extension de cette demande, elle répond : Jésus, oui ".
Le 26 février 1917, la famille Betrone déménage à Turin : Pierina a 14 ans, et, à travers les épreuves familiales et spirituelles, les scrupules et les tentations, les embûches et les souffrances intérieures, elle devra attendre ses 21 ans avant de pouvoir réaliser sa vocation.

Confidente du Seigneur

Après le troisième échec à se consacrer dans des instituts de vie active, sur le conseil de son confesseur, elle prit la décision d’entrer au Monastère des Clarisses Capucines à Turin le 17 avril 1929. En fait on relève chez elle, au-delà de la propension de grâce à la pénitence, trois autres éléments du charisme séraphique : la pauvreté, la vie commune, et la sérénité. Le 28 février 1930 a lieu sa Prise d’Habit et elle reçoit le nom de sœur Maria Consolata. (Marie est vénérée à Turin sous le titre de Consolata, c’est-à-dire consolatrice des affligés.) Selon son pressentiment, elle sera "missionnaire, mais à l’infini". Le jour même, elle entend une suggestion divine qui lui en indique la modalité : "Je ne te demande que cela : un acte continu d’amour".
Le 8 avril 1934, elle prononce les vœux perpétuels. Au monastère elle exécute les services de cuisinière, portière et cordonnière. Quand, le 22 juillet 1939, elle sera transférée à la nouvelle fondation de Moriondo Moncalieri (TO), elle deviendra également infirmière et secrétaire. Sa vie commune s’écoulera toujours dans la pénitence et l’abnégation quotidiennes pour accomplir les tâches qui lui ont été assignées. Par conséquent son aventure extraordinaire se développe entièrement dans l’intimité de son esprit. Contemplative authentique, entre elle et Dieu il y a le monde entier et toutes les créatures qui ont besoin de miséricorde.
Il semble qu’à travers sœur Consolata Dieu veuille éduquer à nouveau le cœur de l’homme à s’unir avec Lui. C'est essentiellement le contenu spirituel de l’invocation : "Jésus, Marie je vous aime, sauvez les âmes", qui caractérise la "Toute petite voie d’amour" que le Seigneur a indiquée à l’humble capucine pour reconquérir à la grâce et à la miséricorde, par un simple acte de confiance, des millions d’âmes …
Déjà malade, Soeur Consolata souffrira littéralement la faim durant la deuxième guerre mondiale, mais avec sa générosité de toujours, elle transformera cette tragédie en "une ascèse de l’appétit"! Le 25 octobre 1945 la radiographie révèle la catastrophe dans ses poumons. Le 4 novembre elle part pour le sanatorium. Elle y restera jusqu’au 3 juillet 1946, quand une ambulance la reconduit au Monastère de Moriondo. Sœur la mort la trouve à l’aube du 18 juillet 1946.
Sœur Maria Consolata Betrone a été une mystique gratifiée de paroles et, peut-être, de visions de Jésus. Elle les a relatées fidèlement dans son journal.
En reproposant, au cœur de la civilisation du faire et de l’avoir, la nécessité évangélique "de prier toujours, sans se lasser" (Luc 18, 1), le message que sœur Consolata nous a transmis assume la portée d’un évangile pour notre temps : évangile d’amour, d’espérance et de miséricorde pour les années de la haine, du désespoir et de l’éloignement de Dieu. Dieu offre à l’homme suffoqué par le matérialisme le remède de la respiration spirituelle. Une "Claire" contemporaine annonce encore l’exigence de la suprématie de Dieu dans le cœur de l’homme. Le 23 avril 1999, l’Archevêque de Turin Cardinal Giovanni Saldarini clôt le Procès d’Information.

 

© Monastère des clarisses capucines de Sigolsheim