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23 juillet 2017
Sainte Brigitte de Suède
(1303-1373)

Bienheureuse Cunégonde
(1224-1292)

Sainte Brigitte
(vers 1303-1373)

 

 

 

Lettre à tout l'Ordre

(1) Au nom de la souveraine Trinité et de la sainte Unité, Père et Fils et Saint-Esprit. Amen !

(2) A tous ses révérends et très chers frères, à frère..., ministre général de la religion des Frères Mineurs, son seigneur, et aux autres ministres généraux qui viendront après lui, et à tous les ministres et custodes et prêtres de cette même fraternité, humbles dans le Christ, et à tous ses frères simples et obéissants, aux premiers et aux tout derniers,
(3) frère François, homme vil et caduc, votre tout petit serviteur, salut en celui qui nous a rachetés et lavés dans son sang très précieux ;
(4) en entendant son nom, adorez-le avec crainte et révérence, prosternés à terre ; son nom est : Seigneur Jésus-Christ, Fils du Très-Haut, qui est béni dans les siècles.

(5) Écoutez, fils du Seigneur et mes frères, et prêtez l'oreille à mes paroles. (6) Inclinez l'oreille de votre cœur et obéissez à la voix du Fils de Dieu. (7) Gardez de tout votre cœur ses commandements et accomplissez avec un esprit parfait ses conseils. (8) Confessez-lui qu'il est bon et exaltez-le par vos actes ; (9) car c'est pour cela qu'il vous a envoyés dans le monde entier, pour que, par la parole et en acte, vous rendiez témoignage à sa voix et que vous fassiez savoir à tous qu'il n'y a de tout-puissant que lui. (10) Persévérez dans la discipline et la sainte obéissance, et ce que vous lui avez promis, accomplissez-le d'un bon et ferme propos.
(11) Comme à des fils s'offre à nous le Seigneur Dieu. (12) C'est pourquoi je vous supplie tous, frères, en vous baisant les pieds et avec toute la charité que je puis, de montrer toute la révérence et tout l'honneur que vous pourrez au très saint corps et au très saint sang de notre Seigneur Jésus-Christ, (13) en qui ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre a été pacifié et réconcilié avec Dieu tout-puissant.
(14) Je prie aussi dans le Seigneur tous mes frères prêtres, qui sont et seront et désirent être prêtres du Très-Haut : chaque fois qu'ils voudront célébrer la messe, que, purs et purement, ils fassent avec révérence le vrai sacrifice du très saint corps et du très saint sang de notre Seigneur Jésus-Christ, avec une intention sainte et pure, et non pour aucune chose terrestre, ni par crainte ou amour d'aucun homme, comme pour plaire aux hommes ; (15) mais que toute leur volonté, autant que l'aide la grâce, soit dirigée vers Dieu, ne désirant ainsi plaire qu'à lui seul, le souverain Seigneur, car lui seul opèrelà comme il lui plaît ; (16) car, comme il le dit lui- même : Faites ceci en mémoire de moi, si quelqu'un faisait autrement, il devient un traître judas et aura à répondre du corps et du sang du Seigneur.
(17) Rappelez-vous, mes frères prêtres, ce qui est écrit de la loi de Moïse, que celui qui la transgressait, même dans les choses corporelles, mourait sans aucune pitié, par sentence du Seigneur. (18) Combien plus grands et plus terribles les supplices que mérite de souffrir celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura profané même le sang de l'alliance dans lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l'Esprit de la grâce ! (19) L'homme, en effet, méprise, profane et foule aux pieds l'Agneau de Dieu quand il ne distingue pas, comme dit l'Apôtre, et ne discerne pas le saint pain du Christ des autres nourritures ou des autres œuvres, ou bien le mange en étant indigne, ou bien, même s'il était digne, il le mange vainement et indignement, alors que le Seigneur dit par le prophète : Maudit l'homme qui accomplit l'œuvre de Dieu négligemment. (20) Et il condamne les prêtres qui ne veulent pas prendre cela vraiment à cœur, en disant : Je maudirai vos bénédictions.
(21) Écoutez, mes frères : Si la bienheureuse Vierge est tant honorée, comme il est digne, parce qu'elle l'a porté dans son ventre très saint ; si le bienheureux Baptiste a tremblé et n'ose pas toucher la tête sainte de Dieu ; si le sépulcre dans lequel il a été couché quelque temps est vénéré, (22) comme il doit être saint, juste et digne, celui qui touche de ses mains, reçoit dans son cœur et dans sa bouche et présente aux autres pour être consommé le Christ non plus mortel, mais pour l'éternité vivant et glorifié, lui en qui les anges désirent plonger leurs regards.
(23) Voyez votre dignité, frères prêtres, et soyez saints parce qu'il est saint. (24) Et de même que le Seigneur Dieu vous a honorés par-dessus tous à cause de ce ministère, de même vous aussi aimez-le, révérez-le et honorez-le par-dessus tous. (25) Grande misère et misérable infirmité quand vous l'avez ainsi présent et que vous vous souciez de quelque autre chose au monde ! (26) Que l'homme tout entier craigne, que le monde entier tremble, et que le ciel exulte quand le Christ, Fils du Dieu vivant, est sur l'autel dans la main du prêtre ! (27) Ô admirable profondeur et stupéfiante faveur ! Ô humilité sublime ! Ô humble sublimité ! que le Seigneur de l'univers, Dieu et Fils de Dieu, s'humilie au point de se cacher pour notre salut sous une modique forme de pain ! (28) Voyez, frères, l'humilité de Dieu et répandez vos cœurs devant lui ; humiliez-vous, vous aussi, pour être exaltés par lui. (29) Ne retenez donc pour vous rien de vous, afin que vous reçoive tout entiers celui qui se donne à vous tout entier.
(30) C'est pourquoi j'avertis et j'exhorte dans le Seigneur : dans les lieux où demeurent les frères, qu'une seule messe soit célébrée par jour, selon la forme de la sainte Église. (31) S'il y avait dans ce lieu plusieurs prêtres, que, par amour de la charité, chaque prêtre se contente d'entendre la célébration de l'autre, (32) parce que le Seigneur Jésus-Christ remplit ceux qui en sont dignes, présents et absents. (33) Bien qu'il semble être en plusieurs endroits, il demeure cependant indivisible et ne connaît aucun dommage, mais, un partout, il opère comme il lui plaît avec le Seigneur Dieu le Père et l'Esprit-Saint Paraclet dans les siècles des siècles. Amen.
(34) Et parce que celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu, nous devons en conséquence, nous qui avons été plus spécialement députés aux offices divins, non seulement écouter et faire ce que Dieu dit, mais encore, pour que pénètre en nous la profondeur de notre Créateur et notre soumission envers lui, garder les vases et les autres objets liturgiques qui contiennent ses saintes paroles. (35) C'est pourquoi j'avertis tous mes frères et je les encourage dans le Christ, partout où ils trouveront écrites des paroles divines, à les vénérer comme ils le peuvent, (36) et, autant que cela les regarde, si elles ne sont pas bien conservées, ou si elles gisent éparses en quelque lieu de manière déshonnête, qu'ils les recueillent et les conservent, honorant le Seigneur dans les paroles qu'il a prononcées. (37) Beaucoup de choses, en effet, sont sanctifiées par les paroles de Dieu, et c'est en vertu des paroles du Christ qu'est produit le sacrement de l'autel.
(38) Je confesse en outre tous mes péchés au Seigneur Dieu, Père et Fils et Saint-Esprit, à la bienheureuse Marie perpétuellement vierge et à tous les saints au ciel et sur la terre, à frère..., ministre de notre religion, comme à mon vénérable seigneur, et aux prêtres de notre Ordre et à tous mes autres frères bénis. (39) En bien des points j'ai commis des offenses par ma grave faute, spécialement parce que je n'ai pas observé la Règle que j'ai promise au Seigneur, et parce que je n'ai pas dit l'office comme la Règle le prescrit, soit par négligence, soit à l'occasion de ma maladie, soit parce que je suis ignorant et sans instruction . (40) C'est pourquoi je prie en tout, comme je le peux, frère..., mon seigneur ministre général, de faire observer inviolablement la Règle par tous ; (41) et que les clercs disent l'office avec dévotion devant Dieu, en s'attachant non à la mélodie de la voix, mais à la consonance de l'esprit, en sorte que la voix concorde avec l'esprit et que l'esprit concorde avec Dieu, (42) pour qu'ils puissent plaire à Dieu par la pureté de leur cœur et non pas charmer les oreilles du peuple par la mollesse de leur voix. (43) Quant à moi, je promets de garder fermement cela, comme Dieu m'en donnera la grâce ; et je transmettrai cela aux frères qui sont avec moi, afin qu'ils l'observent dans l'office et dans les autres choses statuées par la Règle.
(44) Les frères qui ne voudraient pas observer cela, je ne les tiens ni pour catholiques ni pour mes frères ; je ne veux même ni les voir ni leur parler, jusqu'à ce qu'ils aient fait pénitence. (45) Je dis aussi cela de tous les autres qui s'en vont vagabonder, laissant de côté la discipline de la Règle ; (46) car notre Seigneur Jésus-Christ a donné sa vie pour ne pas perdre l'obéissance envers son Père très saint.
(47) Moi, frère François, homme inutile et indigne créature du Seigneur Dieu, je dis, par le Seigneur Jésus-Christ, à frère..., ministre de toute notre religion, et à tous les ministres généraux qui seront après lui, et aux autres custodes et gardiens des frères, qui sont et qui seront, d'avoir sur eux cet écrit, de le mettre en pratique et de le conserver avec application. (48) Et je les supplie de garder eux-mêmes avec sollicitude ce qui y est écrit et de le faire observer très soigneusement, selon le bon plaisir de Dieu tout-puissant, maintenant et toujours, tant que ce monde sera.
(49) Bénis soyez-vous du Seigneur, vous qui ferez cela, et que le Seigneur soit avec vous pour l'éternité. Amen.

Oraison
(50) Dieu tout-puissant, éternel, juste et miséricordieux, donne-nous, à nous misérables, à cause de toi-même, de faire ce que nous savons que tu veux, et de toujours vouloir ce qui te plaît, (51) afin qu'intérieurement purifiés, intérieurement illuminés et embrasés du feu de l'Esprit-Saint, nous puissions suivre les traces de ton Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ, (52) et par ta seule grâce parvenir jusqu'à toi, Très-Haut, qui, en Trinité parfaite et en simple Unité, vis et règnes et es glorifié, Dieu tout-puissant, pour tous les siècles des siècles. Amen.



3. cf. Ap 1, 5.
4. cf. 2 Esd 8, 6 ; cf. Lc 1, 32 ; Rm 1, 25.
5. Ac 2, 14.
6. Is 55, 3.
8. Ps 135, 1 ; Tb 13, 6.
9. cf. Tb 13, 4 ; cf. Index II (Bréviaire, Pent.).
10-11. He 12, 7.
13. cf. Col 1, 20.
14. cf. Eph 6, 6 et Col 3, 22.
16. Lc 22, 19 et 1 Co 11, 24 ; cf, 1 Co 11, 27.
17. cf He 10, 28.
18. He 10, 29.
19. 1 Co 11, 29 ; cf. Jr 48, 10 ; cf. Index III (glose).
20. Ml 2, 2.
21-24. cf. Index III (Bernard le Clun., Instr.).
21. cf. Index II (Bréviaire, Épiph.).
22. cf. Index II (Bréviaire, In albis) ; cf. Index III (Grég., Hom. in ev. XXVI) ; 1 P 1, 12.
23. cf. 1 Co 1, 26 ; cf. Lv 19, 2.
26. Jn 11, 27.
28. Ps 61, 9 ; cf. 1 P 5, 6 et Jc 4, 10.
33. cf. Index II (Missel, Vig. pasc.).
34. cf. Jn 8, 47.
36. 3 R 2, 4.
37. cf. 1 Tm 4, 5.
41. cf. Index III (Ps.-Bernard, De modo b. viv. ; Reg. Ben.).
42. cf. Index III (Conrad d'Eb.).
46. cf. Ph 2, 8.
49. Ps 113, 15.
51. 1 P 2, 21.

 

© Monastère des clarisses capucines de Sigolsheim