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23 juillet 2017
Sainte Brigitte de Suède
(1303-1373)

Bienheureuse Cunégonde
(1224-1292)

Sainte Brigitte
(vers 1303-1373)

 

 

 

Admonitions

1. DU CORPS DU SEIGNEUR
(1) Le Seigneur Jésus dit à ses disciples : Je suis la voie, la vérité et la vie ; personne ne vient au Père sinon par moi. (2) Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père ; et désormais vous le connaîtrez et vous l'avez vu. (3) Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit. (4) Jésus lui dit : Depuis si longtemps je suis avec vous et vous ne m'avez pas connu ? Philippe, qui me voit voit aussi mon Père.

(5) Le Père habite une lumière inaccessible et Dieu est esprit et personne n'a jamais vu Dieu. (6) C'est pourquoi il ne peut pas être vu sinon dans l'esprit, parce que c'est l'esprit qui vivifie ; la chair ne sert à rien. (7) Le Fils lui non plus, en tant qu'il est égal au Père, n'est vu par personne autrement que le Père, autrement que l'Esprit-Saint.

(8) Dès lors, tous ceux qui virent le Seigneur Jésus selon l'humanité et ne virent et ne crurent pas selon l'esprit et la divinité qu'il est le vrai Fils de Dieu sont damnés ; (9) de même maintenant aussi, tous ceux qui voient le sacrement qui est sanctifié par les paroles du Seigneur sur l'autel par la main du prêtre, sous la forme du pain et du vin, et ne voient et ne croient pas selon l'esprit et la divinité que ce sont vraiment les très saints corps et sang de notre Seigneur Jésus-Christ sont damnés, (10) le Très-Haut lui-même l'attestant qui dit : Ceci est mon corps et le sang de ma nouvelle alliance [qui sera répandu pour beaucoup] ; (11) et : Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle.

(12) Dès lors, l'esprit du Seigneur qui habite dans ses fidèles, c'est lui qui reçoit les très saints corps et sang du Seigneur. (13) Tous les autres, qui n'ont point part à ce même esprit et ont la présomption de les recevoir, mangent et boivent leur jugement.

(14) Alors, fils des hommes, jusques à quand ce cœur lourd ? (15) Pourquoi ne reconnaissez-vous pas la vérité et ne croyez-vous pas au Fils de Dieu ? (16) Voici, chaque jour il s'humilie comme lorsque des trônes royaux il vint dans le ventre de la Vierge ; (17) chaque jour il vient lui-même à nous sous une humble apparence ; (18) chaque jour il descend du sein du Père sur l'autel dans les mains du prêtre. (19) Et de même qu'il se montra aux saints apôtres dans une vraie chair, de même maintenant aussi il se montre à nous dans le pain sacré. (20) Et de même qu'eux, par le regard de leur chair, voyaient seulement sa chair, mais, contemplant avec les yeux de l'esprit, croyaient qu'il est Dieu, (21) de même nous aussi, voyant du pain et du vin avec les yeux du corps, voyons et croyons fermement qu'ils sont ses très saints corps et sang vivants et vrais. (22) Et de cette manière le Seigneur est toujours avec ses fidèles, comme il le dit lui-même : Voici, je suis avec vous jusqu'à la consommation du siècle.
Adm. 1
1-22. cf. Index III (Ps : Bernard, De corp. Dom.)
1-4. Jn 14. 6-9.
5. cf. 1 Tm 6, 16 ; Jn 4, 24 ; Jn 1, 18.
6. Jn 6, 64.
10. Mc 14, 22-24.
11. cf. Jn 6, 55.
13. cf. 1 Co 11, 29.
14. Ps 4, 3.
15. cf. Jn 9, 35.
16. cf. Ph 2, 8 ; Sg 18, 15.
22. cf. Mt 28, 20.

2. DU MAL DE LA VOLONTÉ PROPRE
(1) Le Seigneur dit à Adam : Mange de tout arbre du Paradis mais ne mange pas de l'arbre de la science du bien et du mal. (2) Il pouvait manger de tout arbre du Paradis, puisque, tant qu'il n'était pas allé à l'encontre de l'obéissance, il n'avait pas péché.

(3) Il mange de l'arbre de la science du bien, celui qui s'approprie sa volonté et qui s'exalte du bien que le Seigneur dit et opère en lui ; (4) et c'est ainsi que, par la suggestion du diable et la transgression du commandement, est née la pomme de la science du mal. (5) Il faut donc qu'il en supporte la peine.
Adm. 2
1-5. cf. Index III (Geoffroy d'Admont).
1. cf. Gn 2, 16-17.
3. cf. Index III (Martin de Leon, Sermo VI).

3. DE L'OBÉISSANCE PARFAITE
(1) Le Seigneur dit dans l'évangile : Qui n'a pas renoncé à tout ce qu'il possède ne peut être mon disciple ; (2) et : Qui veut sauver son âme la perdra.

(3)
Il abandonne tout ce qu'il possède et perd son corps, l'homme qui s'offre lui-même tout entier à l'obéissance dans les mains de son supérieur. (4) Et quoi qu'il fasse et dise dont il sait que ce n'est pas contre la volonté de ce supérieur - pourvu que ce qu'il fait soit bon -, c'est de l'obéissance véritable.

(5) Et si parfois le sujet voyait des choses meilleures et plus utiles à son âme que celles que le supérieur lui ordonne, qu'il sacrifie volontiers les siennes à Dieu et qu'il s'applique à accomplir en actes celles du supérieur. (6) Car telle est l'obéissance de charité, parce qu'elle satisfait à Dieu et au prochain.

(7) Mais si le supérieur ordonnait au sujet quelque chose contre son âme, quoiqu'il ne lui obéisse pas, pourtant qu'il ne le quitte pas. (8) Et si, à cause de cela, il supportait la persécution de quelques-uns, qu'il les aime davantage à cause de Dieu. (9) Car celui qui supporte la persécution plutôt que de vouloir être séparé de ses frères demeure vraiment dans l'obéissance parfaite, parce qu'il livre son âme pour ses frères.

(10) Il y a, en effet, beaucoup de religieux qui, sous prétexte de voir des choses meilleures que celles que prescrivent leurs supérieurs, regardent en arrière et retournent au vomissement de leur volonté propre ; (11) ce sont des homicides et, à cause de leurs mauvais exemples, ils font perdre beaucoup d'âmes.
Adm. 3
1. Lc 14, 33.
2. Lc 9.24.
6. cf. 1 P. 1, 22.
7-8. cf. Index III (Grég., Mor.).
9. cf. Jn 15, 13.
10. cf. Lc 9, 62 ; cf. Pr 26, 11 ; cf. 2 P 2, 22.

4. QUE PERSONNE NE S'APPROPRIE LA CHARGE DE SUPÉRIEUR
(1) Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir, dit le Seigneur.

(2) Ceux qui ont été établis au-dessus des autres, qu'ils se glorifient de cette charge de supérieur autant que s'ils avaient été députés à l'office de laver les pieds des frères. (3) Et s'ils se troublent plus de la perte de la charge de supérieur que de la perte de l'office de laver les pieds, c'est comme s'ils amassaient un magot au péril de leur âme.
Adm. 4
1. cf. Mt 20, 28.
3. cf. Jn 12,6 ; cf. Index III (Geoffroy d'Aux. ; Ogier de Loc.).

5. QUE PERSONNE NE S'ENORGUEILLISSE, MAIS QUE L'ON SE GLORIFIE DANS LA CROIX DU SEIGNEUR
(1) Considère, homme, dans quelle excellence t'a placé le Seigneur Dieu : il t'a créé et formé à l'image de son Fils bien-aimé quant au corps et à sa ressemblance quant à l'esprit.

(2) Et toutes les créatures qui sont sous le ciel, chacune à sa façon, servent leur créateur, le connaissent et lui obéissent mieux que toi. (3) Et même les démons ne l'ont pas crucifié, mais toi, avec eux, tu l'as crucifié et le crucifies encore, en te délectant dans les vices et les péchés. (4) De quoi peux-tu donc te glorifier ?

(5) En effet ; si tu étais subtil et sage au point de posséder toute science et de savoir interpréter toute espèce de langues et scruter avec subtilité les choses célestes, de rien de cela tu ne peux te glorifier ; (6) car un seul démon a connu des choses célestes et à présent connaît des choses terrestres plus que tous les hommes, bien qu'il y ait eu un jour quelqu'un qui reçut du Seigneur une connaissance spéciale de la souveraine sagesse. (7) De même, si tu étais plus beau et plus riche que tous et même si tu faisais des merveilles au point de mettre en fuite les démons, tout cela t'est contraire et cela ne t'appartient en rien et de rien de cela tu ne peux te glorifier ; (8) mais voici de quoi nous pouvons nous glorifier : de nos infirmités et de porter chaque jour la sainte croix de notre Seigneur Jésus-Christ.
Adm. 5
1. cf. Gn 1, 26 ; cf. Index III (Martin de Leon, Sermo VI ; Tert.).
5. cf. 1 Co 13, 2 ; cf. 1 Co 12, 28.
8. cf. 2 Co 12, 5 ; cf. Lc 14, 27.

6. DE L'IMITATION DU SEIGNEUR
(1) Considérons tous, frères, le bon Pasteur qui, pour sauver ses brebis, a supporté la passion de la croix.

(2) Les brebis du Seigneur l'ont suivi dans la tribulation et la persécution, la honte et la faim, dans l'infirmité et la tentation et tout le reste ; et de cela, elles reçurent du Seigneur la vie éternelle.

(3) Alors, c'est grande honte pour nous, serviteurs de Dieu : les saints ont agi et nous, en racontant leurs œuvres, nous voulons en recevoir gloire et honneur.

7. LE BIEN AGIR DOIT SUIVRE LA SCIENCE
(1) L'Apôtre dit : La lettre tue, mais l'esprit vivifie.

(2) Ils sont tués par la lettre, ceux qui ne désirent savoir que les mots pour être tenus comme plus sages parmi les autres et pouvoir acquérir de grandes richesses à donner à leurs parents et amis. (3) Et ils sont tués par la lettre, les religieux qui ne veulent pas suivre l'esprit de la divine Écriture, mais désirent plutôt en savoir seulement les mots et les interpréter aux autres.

(4) Et ils sont vivifiés par l'esprit de la divine Écriture, ceux qui n'attribuent pas à leur corps toute lettre qu'ils savent et désirent savoir, mais qui, par la parole et par l'exemple, rendent cela au très haut Seigneur Dieu à qui appartient tout bien.
Adm. 7
1. 2 Co 3, 6.
4. cf. Index III (Bernard, In Cant.)

8. ÉVITER LE PÉCHÉ D'ENVIE
(1) L'Apôtre dit : Personne ne peut dire : " Jésus est Seigneur ", sinon dans l'Esprit-Saint ; (2) et : " Il n'y a personne qui fasse le bien, il n'y en a pas un seul. "
(3) Par conséquent, quiconque envie son frère à propos d'un bien que le Seigneur dit et fait en lui relève du péché de blasphème, parce qu'il envie le Très-Haut lui-même qui dit et fait tout bien.
Adm. 8
1. 1 Co 12, 3.
2. Rm 3, 12

9. DE L'AMOUR
(1) Le Seigneur dit : Aimez vos ennemis, [faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient].

(2) Il aime vraiment son ennemi, celui qui ne s'afflige pas d'une injustice que celui-ci lui fait, (3) mais qui, à cause de l'amour de Dieu, est brûlé par le péché de l'âme de son ennemi. (4) Et qu'il lui montre son amour par des actes.
Adm. 9
1. Mt 5, 44.
4. cf. Index III (Aug., Sermo).

10. DE LA MAITRISE DU CORPS
(1) Nombreux sont ceux qui, lorsqu'ils pèchent ou subissent une injustice, inculpent souvent l'ennemi ou le prochain. (2) Mais il n'en est pas ainsi, car chacun a en son pouvoir l'ennemi, c'est-à-dire le corps, par lequel il pèche.

(3) Heureux, dès lors, le serviteur qui tiendra toujours captif cet ennemi livré en son pouvoir et se gardera sagement de lui : (4) tant qu'il fera cela, aucun autre ennemi, visible ou invisible, ne pourra lui nuire.
Adm. 10
3. Mt 24, 46.
4. cf. Index III (Cassien).

11. QUE PERSONNE NE SE LAISSE CORROMPRE PAR LE MAL D'AUTRUI
(1) Au serviteur de Dieu, rien ne doit déplaire ; excepté le péché. (2) Et de quelque manière qu'une personne pèche, si, à cause de cela, le serviteur de Dieu se trouble et se met en colère - non par charité -, il thésaurise pour lui une faute.

(3) Le serviteur de Dieu qui ne se met pas en colère ni ne se trouble pour rien mène une vie droite, sans rien en propre. (4) Et heureux celui qui ne garde rien pour lui, rendant à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.
Adm. 11
1. cf. Index III (Bernard le Clun., Instr.).
2. cf. Rm 2, 5.
4. Mt 22, 21.

12. COMMENT CONNAÎTRE L'ESPRIT DU SEIGNEUR
(1) Voici comment on peut connaître si un serviteur de Dieu possède de l'esprit du Seigneur : (2) quand le Seigneur opérerait par lui quelque bien, sa chair ne s'en exalterait pas, elle qui est toujours contraire à tout bien, (3) mais il se tiendrait plutôt pour plus vil à ses propres yeux et s'estimerait plus petit que tous les autres hommes.

13. DE LA PATIENCE
(1) Heureux les pacifiques, car ils seront appelés fils de Dieu. Le serviteur de Dieu ne peut connaître ce qu'il a de patience et d'humilité en lui tant qu'il obtient satisfaction. (2) Mais que vienne le temps où ceux qui devraient lui donner satisfaction lui font le contraire, alors, autant il a de patience et d'humilité, autant en a-t-il et pas plus.
Adm. 13
1. Mt 5, 9.

14. DE LA PAUVRETÉ D'ESPRIT
(1) Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux. (2) Nombreux sont ceux qui, s'adonnant aux prières et aux offices, font subir à leurs corps beaucoup d'abstinences et d'afflictions, (3) mais pour une seule parole qui leur semble être une injustice envers leurs corps ou pour quelque chose qui leur est enlevé, les voici aussitôt scandalisés et perturbés. (4) Ceux-là, ne sont pas pauvres en esprit, parce que celui qui est vraiment pauvre en esprit se hait lui-même et aime ceux qui le frappent sur la joue.
Adm. 14
1. Mt 5, 3.
4. cf. Mt 5, 39.

15. DE LA PAIX
(1) Heureux les pacifiques, car ils seront appelés fils de Dieu. (2) Ils sont vraiment pacifiques, ceux qui, en tout ce qu'ils souffrent dans ce siècle, à cause de l'amour de notre Seigneur Jésus-Christ, conservent la paix dans l'esprit et le corps.
Adm. 15
1. Mt. 5, 9.

16. DE LA PURETÉ DU CŒUR
(1) Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. (2) Ils ont vraiment le cœur pur, ceux qui méprisent les choses terrestres, cherchent les choses célestes et ne cessent jamais d'adorer et de voir, avec un cœur et un esprit purs, le Seigneur Dieu vivant et vrai.
Adm. 16
1. Mt 5, 8.
2. cf. Index II (Missel, Avent)

17. DE L'HUMBLE SERVITEUR DE DIEU
(1) Heureux le serviteur qui ne s'exalte pas davantage du bien que le Seigneur dit et opère par lui que de celui qu'il dit et opère par un autre. (2) Il pèche, l'homme qui veut recevoir davantage de son prochain qu'il ne veut donner de soi au Seigneur Dieu.
Adm. 17
1. Mt 24, 26.

18. DE LA COMPASSION ENVERS LE PROCHAIN
(1) Heureux l'homme qui soutient son prochain selon sa fragilité autant qu'il voudrait être soutenu par lui s'il était dans un cas semblable. (2) Heureux le serviteur qui rend tous les biens au Seigneur Dieu, car celui qui garde quelque chose pour lui cache en lui-même l'argent du Seigneur son Dieu et ce qu'il pensait avoir lui sera enlevé.
Adm. 18
2. Mt 25, 18 ; Lc 8, 18.

19. DE L'HUMBLE SERVITEUR DE DIEU
(1) Heureux le serviteur qui ne se tient pas pour meilleur lorsqu'il est magnifié et exalté par les hommes, que lorsqu'il est tenu pour vil, simple et méprisé ; (2) car autant vaut l'homme devant Dieu, autant il vaut et pas plus. (3) Malheur au religieux qui a été élevé par les autres et par sa volonté refuse de descendre. (4) Et heureux le serviteur qui, élevé malgré sa volonté, désire toujours être sous les pieds des autres.
Adm. 19
4. Mt 24, 46 ; cf. Index III (Bernard, De grad. hum.).

20. DU BON RELIGIEUX ET DU RELIGIEUX VAIN
(1) Heureux le religieux qui n'a de plaisir et d'allégresse que dans les très saintes paroles et œuvres du Seigneur (2) et qui, par elles, conduit les hommes à l'amour de Dieu avec joie et allégresse.

(3) Malheur au religieux qui se délecte dans des paroles oiseuses et vaines et, par elles, conduit les hommes au rire.
Adm. 20
2. cf. Ps 50, 10.
3. cf. Index III (Reg. Ben).

21. DU RELIGIEUX CREUX ET BAVARD
(1) Heureux le serviteur qui, lorsqu'il parle, ne manifeste pas tout ce qu'il a, sous prétexte d'une récompense, et n'est pas prompt à parler, mais prévoit sagement ce qu'il doit dire et répondre. (2) Malheur au religieux qui ne garde pas dans son cœur et ne montre pas aux autres en actes les biens que le Seigneur lui montre, mais, sous prétexte d'une récompense, désire plutôt les montrer aux hommes en paroles. (3) Il reçoit sa récompense et les auditeurs retirent peu de fruit.
Adm. 21
1. cf. Pr 29,20.
2. cf. Lc 2, 19.51.
3. cf. Mt 6, 2 ; 6, 16.

22. DE LA CORRECTION FRATERNELLE
(1) Heureux le serviteur qui supporterait aussi patiemment venant d'autrui que de lui-même, la punition, l'accusation et la réprimande. (2) Heureux le serviteur qui, réprimandé, acquiesce avec bienveillance, obtempère avec confusion, avoue humblement et satisfait volontiers. (3) Heureux le serviteur qui n'est pas prompt à s'excuser et supporte humblement la honte et la réprimande d'un péché, là où il n'a pas commis de faute.

23. DE L'HUMILITÉ
(1) Heureux le serviteur qu'on trouve aussi humble parmi ses sujets que s'il était parmi ses seigneurs. (2) Heureux le serviteur qui demeure toujours sous la férule de la correction. (3) C'est un serviteur fidèle et avisé, celui qui, dans toutes ses offenses, ne tarde pas à se punir intérieurement par la contrition et extérieurement par la confession et la satisfaction en actes.
Adm. 23
3. cf. Mt 24, 45.

24. DU VÉRITABLE AMOUR
(1) Heureux le serviteur qui chérirait autant son frère lorsqu'il est malade et ne peut rien faire pour lui, que lorsqu'il est bien portant et peut le satisfaire.

25. SUR LE MÊME SUJET
(1) Heureux le serviteur qui chérirait et respecterait autant son frère lorsqu'il serait loin, que lorsqu'il serait avec lui et ne dirait rien derrière lui qu'il ne puisse avec charité dire devant lui.

26. QUE LES SERVITEURS DE DIEU HONORENT LES CLERCS
(1) Heureux le serviteur qui accorde sa foi aux clercs qui mènent une vie droite, selon la forme de l'Église romaine. (2) Et malheur à ceux qui les méprisent ; en effet, même s'ils sont pécheurs, nul ne doit pourtant les juger, car seul le Seigneur lui-même se réserve de les juger. (3) Car plus grand est le ministère qu'ils ont des très saints corps et sang de notre Seigneur Jésus-Christ, qu'eux-mêmes reçoivent et qu'eux seuls administrent aux autres,
(4) plus grand est le péché de ceux qui pèchent contre eux que de ceux qui pèchent contre tous les autres hommes de ce monde.

27. DE LA VERTU METTANT EN FUITE LE VICE
(1) Où est charité et sagesse, là pas de crainte ni d'ignorance.
(2) Où est patience et humilité, là pas de colère ni de trouble.
(3) Où est pauvreté avec allégresse, là pas de cupidité ni d'avarice.
(4) Où est calme et méditation, là pas de préoccupation ni de vagabondage.
(5) Où est la crainte du Seigneur pour garder sa maison, l'ennemi ne peut trouver d'endroit pour pénétrer.
(6) Où est miséricorde et discernement, là pas de superflu ni de dureté de cœur.
Adm. 27
5. cf. Lc 11, 21.

28. CACHER LE BIEN DE PEUR QU'IL NE SE PERDE
(1) Heureux le serviteur qui thésaurise dans le ciel les biens que lui montre le Seigneur et qui ne désire pas les manifester aux hommes, sous prétexte d'une récompense, (2) car le Très-Haut lui-même manifestera ses œuvres à ceux auxquels il lui plaira. (3) Heureux le serviteur qui conserve dans son cœur les secrets du Seigneur.
Adm. 28
1. cf. Mt 6, 20.
3. cf. Lc 2, 19.51.

 

© Monastère des clarisses capucines de Sigolsheim